Casino Saint Jean - 1929

L'entrée du casino St Jean aujourd'hui au Touquet-Paris-Plage
L'entrée du casino St Jean aujourd'hui

Le Normandy, haut lieu des années folles

L'entrée de l'hôtel Normandy, carte ancienne de Paris-Plage
L'entrée de l'hôtel Normandy, carte ancienne de Paris-Plage

Un fastueux établissement au destin éphémère

Bien avant que le casino St Jean ne voit le jour, un élégant hôtel avait été construit entre 1927 et 1928 au même empla- cement, constituant, avec son bar, son restaurant et son dancing, le coeur de l'animation de la rue Saint Jean. Imaginé par l'architecte auteur du Westminster, Auguste Bluysen, le bâtiment arborait fièrement l'élégance pittoresque du style anglo-normand, très en vogue à l'époque de Paris-Plage. La terrasse du Normandy à l'heure de l'apéritif était l'un des lieux incontournables de la station. Sa cour intérieure, transformée par la suite en taverne bavaroise où retentissaient les airs tyroliens et tsiganes débordait de joie, sans jamais perdre de son chic et de son élégance.

Le 10 décembre 1928, le destin frappe le Normandy

La coutume au bar du Normandy, au temps de Paris-Plage, était d'y attendre l'heure du souper et de s'y montrer dans sa toilette la plus élégante
La coutume au bar du Normandy, au temps de Paris-Plage, était d'y attendre l'heure du souper et de s'y montrer dans sa toilette la plus élégante

Le Normandy revu par l'architecte Louis Quételart

La terrasse du Normandy ou battait dans les années folles de Paris-Plage le coeur de la rue St jean
La terrasse du Normandy ou battait dans les années folles le coeur de la rue St jean
L'entrée du Normandy après le remaniment Quételart
L'entrée du Normandy après le remaniment Quételart

La signature Quételart

Suite aux ravages causés par l'incendie du 10 décembre 1928 qui avait entrainé la destruction du bar et du dancing du Normandy, l'architecte Louis Quételart restaura les lieux en transformant l'ancien établissement en cinéma. Il appliqua le style touquettois moderne dont il fut l'inventeur, en reprenant le principe des vastes toitures, des doubles pignons et des retombées d'arcs sans piédroits qui ont fait le succès des nombreuses villas du Touquet dont il est l'auteur. La pittoresque clôture de poteaux couverte d'un petit toit ouvrant sur une terrasse de café fut conservée de l'oeuvre de Bluysen.

La cour intérieure préservée par l'architecte Quételart, après l'incendie du Normandy
La cour intérieure préservée par l'architecte Quételart, après l'incendie du Normandy

Le Normandy, respecté par l'architecte Louis Quételart

Le corps de bâtiment, en rez-de-chaussée à étage de comble, en pan de bois à demi-croupe, situé en fond de cour fut également conservé. La façade donnant sur la rue St Jean fut par contre entièrement remaniée, ouvrant au rez-de-chaussée par une arcade en plein-cintre donnant sur le bar, longé du côté de la cour par un passage couvert par le balcon le surplombant. Le nouvel établissement comprend également vestiaires, toilettes et salle de billard au bas et salle de cinéma à l'étage.

La rue St Jean à l'époque du Normandy des années 1930, reflet de l'époque fastueuse de Paris-Plage
La rue St Jean à l'époque du Normandy des années 1930
Le restaurant et le casino des 4 saisons aujourd'hui, sur les fondation du Normandy, Le Touquet-Paris-Plage
Le restaurant et le casino des 4 saisons aujourd'hui, sur les fondation du Normandy

Que reste-t-il aujourd'hui du Normandy?

La cour intérieure héritée de l'ancien hôtel Normandy et conservée par Louis Quételart, lors du remaniement du bâtiment, sera détruite en 1976, après avoir vécu ses dernières heures de "taverne bavaroise". Elle sera remplacée par le restaurant d'aujourd'hui et le casino des quatre saisons. Le cinéma de la version Quételart de 1928, sera remplacé en 1933 par un cinéma indépendant, le Sélect, qui à son tour laissera la place au Philaé Café d'aujourd'hui, bar et night-club des distractions touquettoises. Si l'on regarde au dessus de l'entrée, bien que peu visible de la rue, on remarque que le bâtiment anglo-normand, autrefois en fond de cour, préservé par Louis Quételart, existe toujours, dernières traces d'un passé révolu.