Le parc éolien de Widehem

Les éoliennes de Widehem vues du phare de la Canche
Les éoliennes de Widehem vues du phare

La présence d’un groupe d’éoliennes sur la crête des collines de l’Artois en face du Touquet révèle le passage de la baie de Canche à l’ère moderne, marquée par la recherche des énergies renouvelables.

Le parc éolien de Widehem
Le parc éolien de Widehem

Le parc éolien de Widehem permet de transformer l’énergie du vent en électricité directement consommable par la commune concernée. Le parc comprend au total six machines d'une puissance totale de 4,5 mégawatts capables de produire à plein régime 12,6 millions de kilowatt heure, pouvant répondre aux besoins en électricité (hors chauffage) de 6500 foyers.

 

Le parc est la première centrale éolienne de conception française, même s'il n'est pas la plus importante sur le territoire français, devancé par celle de Sallèles-Limousis, dans l'Aude, avec une puissance de 7,5 mégawatts. Sa création illustre la volonté des pouvoirs publics de relancer l'éolien et de créer une filière hexagonale. Jusqu'ici, les constructeurs étaient allemands (Enercon) ou danois (Vestas) - le seul fabricant français, Vergnet, étant spécialisé dans les turbines de petite puissance - jusqu'à ce que Jeumont Industrie, filiale du constructeur nucléaire Framatome, conçoive une éolienne puissante (750 kilowatts) et innovatrice. 

2 conditions réunies pour l'implantation des éoliennes à Widehem: hauteur et vent du large
2 conditions : hauteur et vent

L’implantation du parc éolien de Widehem répond à l’objectif fixé par l’Etat d’augmenter la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité. Or si l’éolien est aujourd’hui la source d’énergie renouvelable la mieux placée devant la biomasse pour relever le défi, l'objectif reste difficile à tenir. Implanter une éolienne en France est encore compliqué. Le site doit être suffisamment exposé aux vents pour que la production d’énergie soit rentable. Mais Widehem offre en la matière d’excellentes conditions, dans la mesure où la vitesse du vent y atteint régulièrement 30 km/h et que sur une année les éoliennes peuvent fonctionner à pleine puissance durant 3000 heures. Cependant d’autres contraintes s’ajoutent : une fois le site trouvé, il faut négocier avec les propriétaires des terrains. A Widehem la démarche a été facilitée grâce au fait que 4 éoliennes sur 6 ont pris place sur des terrains appartenant à la Société autoroutière SANEF, limitant ainsi le nombre de négociations avec les propriétaires privés. A cela s’ajoute la complexité juridique qui impose la signature de conventions avec les propriétaires des terrains surplombés par les pales des éoliennes.      

Eolienne du parc de Widehem
Eolienne du parc de Widehem

L'acceptation de la population locale

Le projet éolien fut facilement admis par la commune de 1000 habitants qui put bénéficier de la création de nouveaux emplois et percevoir une intéressante taxe professionnelle.

 

Nuisances sonores

Le problème des nuisances sonores est compensé par l’éloignement des habitations (1,5 km). Sur le plan écologique, seul les chauves-souris ont fait débat, les ornithologues se rendant à l’avis que la position des éoliennes n’interfère pas avec les passages de migrations. Dans de nombreux cas le compromis entre énergie renouvelable et préservation du patrimoine n’est pas simple à trouver. Pollution sonore, paysage défiguré, baisse du tourisme sont souvent les arguments qui reviennent et la conclusion de l’enquête publique réalisée à propos du projet du plateau du Larzac est un constat récurrent :

« Ce n'est pas parce que l'énergie éolienne est non polluante que sa production l'est également ».