Les sémaphores

Le premier sémaphore avant les phares, situé en bordure de Canche
Le premier sémaphore avant les phares, situé en bordure de Canche

Les sémaphores, premiers signalements de la côte avant les phares

En 1831, bien avant les premiers phares, on avait construit à la pointe du Touquet un sémaphore dont la fonction était d'émettre des signaux lumineux, complétés par des signaux télégraphiques destinés à renseigner les navires qui croisaient au large du Touquet. Ce premier sémaphore avait été construit sur une butte au niveau de l'actuel parc des pins du boulevard d’Artois. 

Carte postale : le 1er sémaphore
Carte postale : le 1er sémaphore

L'ensablement du premier sémaphore

Au fil du temps les phénomènes d'ensablement et de formation de dunes ont conquis des espaces naturels sur la mer, faisant avancer le trait de côte et allonger la presqu'île du Touquet. C'est ainsi que le sémaphore bâti directement en bord de mer, sur la rive sud de la baie de Canche, se retrouva une soixantaine d'années plus tard à près de 300 m du rivage. Cette situation remit en cause l'efficacité de sa fonction puisque, en dehors de l'émission des signaux télégraphiques, les signaux optiques furent progressivement de plus en plus difficiles à percevoir par les bâtiments en mer, voire totalement occultés dans certaines directions par des dunes devenues plus élevées que la butte où avait été construit le sémaphore. 

Carte postale : le 2èmè sémaphore
Carte postale : le 2èmè sémaphore

Reconstruction du sémaphore

Le sémaphore est donc recon- struit en 1893 à l’identique sur le front de mer.  A l'époque le terrain appartient à la famille Daloz qui accepte de l'échanger contre celui du 1er sémaphore détenu par le ministère de la marine. L'Etat récupère ainsi le terrain du bord de mer et laisse en échange à Madame Daloz celui des dunes de la Canche. Pour rétablir une équité par rapport à la différence de valeur entre les deux terrains échangés, l'Etat ne prend en bord de mer que les 16 ares nécessaires à la reconstruction du sémaphore et cède à la famille Daloz une large surface d'un hectare dans les dunes de la Canche.

Le nouveau sémaphore sur le front de mer
Le nouveau sémaphore sur le front de mer

Le nouveau sémaphore

Le nouveau sémaphore était composé d'un bureau télégra- phique au rez-de-chaussée et d'un poste d'observation à l'étage. Un arbre à bras mobiles sortant de la toiture, fixé sur une plaque tournante manœuvrable, permettait de produire différents types de signaux appartenant à des conventions internationales. Avec la militarisation du service des sémaphores, les guetteurs s'entraînaient à communiquer avec les bâtiments de guerre de la Marine Nationale qui croisaient au large du Touquet.

Carte postale : le nouveau sémaphore et le front de mer, avant guerre
Carte postale : le nouveau sémaphore et le front de mer, avant guerre

Le sémaphore, lieu d'information et d'observation

Ouvert tout l'année au public, le poste d'observation du nouveau sémaphore offrait aux nombreux visiteurs de l'époque une vue magnifique très appréciée sur l'ensemble du littoral.  Le lieu assurait également une fonction pédagogique auprès du public. Les visiteurs y trouvaient les réponses à leurs questions sur les règles de navigation et le fonctionnement de la télégraphie, auprès d'un directeur à la réputation sympathique et conviviale. En scrutant l'horizon marin, ils apercevaient les navires qui croisaient au large du Touquet et apprenaient à les reconnaitre, grâce à la lunette marine de grande portée mise à leur disposition. Ils pouvaient  d'autre part consulter les cartes des fonds marins et admirer une impressionnante collection de reproductions de tous les pavillons des différentes puissances de guerre et de commerce, ainsi que des cours d'Europe, des diverses nations et des puissantes compagnies.

Le sémaphore après guerre
Le sémaphore après guerre

Souvenir du sémaphore aujourd'hui

On peut aisément localiser sur le front de mer d'aujourd'hui l'emplacement de cet ancien sémaphore. Celui-ci occupait très exactement l'emplacement de l'actuelle résidence dénommée « le Sémaphore » dont l'horloge au sommet rappelle celle du sémaphore d'autrefois.