Les premiers phares

L'alignement des deux phares destinés à produire un signal double se démarquant des autres signaux du littoral
L'alignement des deux phares destinés à produire un signal double différenciable sur le littoral du détroit de la Manche

Pourquoi deux phares?

Face aux accidents répétés au large de la pointe du Touquet, le projet d'y construire un phare suffisamment haut et puissant doit intégrer l'idée que le signal lumineux émis doit se différencier à la fois des feux environnants de la côte  française et de ceux de la côte anglaise. En attendant l'arrivée de la technologie des phares à éclats, capables d'émettre des signaux codés, facilement reconnaissables depuis la mer, la technique disponible reste celle des feux fixes. La solution du Touquet sera la mise en place d'un signal double émis par les lampes de deux phares jumeaux alignés. Leur construction dura de 1845 à 1851 et les deux feux furent opérationnels le 1er janvier 1852.

Deux tours jumelles qui dominent la ville

Les deux tours jumelles du premier phare de la Canche culminaient à 54 m au- dessus du niveau de la mer pour une hauteur focale de 52 m. Après six années d’études et de travaux entre 1845 et 1851, d'un montant de 488000 francs de l’époque, pour la construction des tours jumelles et de 98400 francs pour les appareils, les deux phares devinrent opérationnels.

Extrait de carte postale ancienne : les 2 phares alignés du 1er phare de la Canche
Les 2 tours jumelles alignées du 1er phare de la Canche

La construction des deux tours

Les deux tours jumelles étaient de forme octogonale, construites en pierres de taille issues des carrières du Boulonnais. Elles étaient alignées selon une orientation nord-sud à 250 m de distance l’une de l’autre. Les matériaux qui ont été  nécessaires à la construction de ces édifices ont tous été, à défaut de voie carrossable, amenés par la mer, puis acheminés jusqu’au chantier grâce à un petit chemin de fer.

 

Maquette des anciens phares et des logements des gardiens en forme de croix
Maquette des anciens phares et des logements des gardiens

L'intégration originale des logements des gardiens

Chaque tour était élevée en saillie sur la façade d'un bâtiment en forme de croix à trois branches, correspondant aux deux logements destinés aux familles des deux gardiens fonctionant en binôme pour l'entretien, l'allumage et l'extinction quotidienne de chaque phare.


Le haut de l'ancien phare Nord avec sa couronne crénélée et sa balustrade ajourée
Le haut de l'ancien phare Nord avec sa couronne crénélée et sa balustrade ajourée

L'élégance des tours des anciens phares

Persées de fenêtres rectangulaires, les tours étaient terminées en leur sommet par un couronnement réalisé par des consoles assemblées par des arcs supportant une balustrade à dés ajourés. Au milieu des tours avait été également construite une maison subsistant aujourd'hui qui contenait le logement du maître de phare, chef de l'ensemble des gardiens en charge des deux tours. Aujourd'hui située au pied du nouveau phare, cette maison abrite l'accueil et le musée des phares du Touquet-Paris-Plage.

Les anciens phares et les logement des gardiens
Les anciens phares et les logements des gardiens

Entre les  deux édifices, au centre, le logement du maître de phare est la seule habitation qui subsiste aujourd’hui. Elle abrite le musée du phare et la Société Académique, conservatoire de la mémoire du Touquet. Finalement ces logements avaient permis à cinq familles d'habiter à la pointe du Touquet auxquelles s’ajoutaient les gardiens du sémaphore de l’époque. Ces vingt personnes au total furent les premiers habitants du Touquet en 1852.